Chers actionnaires,

Je tenais à vous informer que l’ADAMT représente à ce jour des centaines d’actionnaires détenant collectivement près de 10% du capital.
L’ADAMT conteste vigoureusement les conditions de l’offre. En effet, après une baisse de 95% en quelques années, le management, agissant de concert avec un fonds d’investissement de Macquarie, s’apprête à retirer de la cote l’action Théolia en‐dessous de sa valeur d’actif net (celle‐ci étant de 2,56 euros pour une offre à 1,70 euros par action).
De plus, le business plan utilisé pour évaluer l’équité du prix fait l’hypothèse qu’en raison des incertitudes sur le prix de l’électricité et la capacité de la société à obtenir de nouveaux permis de construire, la société se contentera de gérer les projets existant « en extinction », c’est‐à‐dire sans développer le moindre nouveau projet et en attribuant une valeur résiduelle nulle aux projets existants…
L’examen de cette offre a amené à examiner la communication de la société au cours des derniers mois. Or il est apparu qu’alors que l’offre était connue du management de nombreuses semaines, voire de nombreux mois avant son annonce officielle le 8 juillet, le groupe a diffusé au marché des mauvaises nouvelles qui ont fait plonger son cours de Bourse de 1,52 mi‐avril à 1,12 euros à la veille de l’offre. Ceci a permis à Macquarie de lancer une offre (de concert avec le management) présentant une surcote artificielle de 50% par rapport au dernier cours coté.
Par ailleurs, il est apparu à l’étude de certains documents qu’une récente opération financière menée par la société est susceptible d’avoir fait l’objet de détournements au bénéfice d’au moins un actionnaire de référence. En effet, selon le communiqué du 28 janvier 2013 diffusé par Théolia, la société annonçait une « opération de croissance externe majeure » qui devait lui permettre d’augmenter significativement son chiffre d’affaires.
La direction de Théolia s’est abstenue de préciser que les actifs achetés étaient en réalité des obligations subordonnées (junk bonds) d’un débiteur en défaut de paiement, acquises auprès d’un fonds dépendant d’un de ses actionnaires.
De plus, cette acquisition a été faite au prix de 35,5M€ alors que le fonds avait acquis ces obligations quelques semaines auparavant pour 30M€. Il est impossible de savoir qui précisément a bénéficié de cette différence, puisque l’identité des porteurs de ce fonds d’investissement irlandais est confidentielle.
Tant l’identité du vendeur que cet écart de cours ont été dissimulés aux actionnaires, et la présentation qui a été faite de cet investissement est particulièrement trompeuse.
Enfin, l’intéressement du directeur général de Théolia à cette opération pose problème, puisqu’il a bénéficié d’un « management package » particulièrement généreux, attribué non seulement par l’initiateur mais plus curieusement par la société elle‐même à la veille de l’OPA, dans la plus grande opacité.
Pour toutes ces raisons, l’ADAMT a déposé le 2 septembre, par la voix d’un de ses adhérents, une première plainte pénale auprès du Procureur de la République de Paris (Pôle Financier).
Cette plainte vise des faits qualifiés d’abus de biens sociaux, diffusion d’informations fausses ou trompeuses, manipulation de cours, faux et usage de faux. Les autres adhérents et l’ADAMT se joignent actuellement à cette plainte.
A noter que l’offre publique s’achève aujourd’hui, et qu’elle sera rouverte d’ici quelques semaines en cas de succès, afin de tenter de recueillir les actions des actionnaires qui n’auraient pas apporté à la première offre.

Président de l'ADAMT